de la revue ' La Grande Guerre du XXième Siècle' no 3 de 15 avril 1915
'Les Territoriaux Enterrent les Morts
après la Bataille'

Sur les Tombes des Braves

 

8 octobre 1914. Lettre d'un soldat marseillais:

Après la bataille restent les morts; et les morts, cela regarde les territoriaux: et voilà pourquoi, par cette claire journée de septembre, sous un radieux soleil ami des vignes, ma compagnie se trouvait sur le champ de bataille abandonné, avec des pics, des pelles et des brancards.....

Les cadavres, on ne les voit pas, mais on les devine. Ils sont ici, là, de ce côté, de cet autre, à gauche, à droite, partout, derrière les haies, au pied des arbres, au fond des trèfles. Et des nausées nous viennent, et les cœurs se soulèvent.....

Les ordres sont donnés. Hardi les gars! la tâche est rude.....

Les gradés, adjudants, sergents et caporaux s'égaillent, suivis d'équipes. Un cadavre. Le gradé se penche, dégrafe la capote, fouille les poches. De tout ce qu'il trouve, papiers, bijoux, argent, plaque de reconnaissance, il fait un paquet qu'il dépose dans un sac. Un homme porte le sac au capitaine. Ceux qui restent chargent le corps sur un brancard et s'en vont vers les tranchées que leurs camarades creusent ici et là.....

Mes faibles connaissances en allemand m'ont valu les fonctions de traducteur. C'est moi qui suis chargé de déchiffrer les papiers trouvés sur les ennemis et de décider s'ils ont une valeur documentaire. Voici les leitmotives de toutes les lettres que je déchiffre: la présomption, la cupidité, la goinfrerie.

Tous ceux qui sont tombés là croyaient dur comme roc aux mensonges de l'état- major: Paris pris, la flotte anglaise détruite, les Italiens à Marseille, les Allemands sur le chemin de Moscou, que sais-je encore? Pas une seule fois, pas une seule, ne sont écrits les mois: devoir, patrie, sacrifice. Cela juge une armée, cela juge une race.

Mais voici que le capitaine bondit. Vers un groupe, là, à notre gauche, il s'élance. La colère contracte ses traits. Nous nous précipitons à sa suite. Des soldats ont attaché une corde à la jambe d'un cadavre prussien, et ils le traînent ainsi, à travers plaine, jusqu'à son trou. Le sergent chef d'équipe laisse fuser la fureur de l'officier :

- Respect aux morts.....

Puis il ouvre sa main.

- Mon capitaine, voici ce que nous avons trouvé dans la poche de cet individu.

Et il montre deux annulaires tuméfiés cerclés d'une alliance en or!

[Croix de l'lsère citant le Petit Marseillais.]

 

Les Dernières Prières

6 décembre 1914

Lettre d'un prêtre infirmier:

Le 30 septembre, on nous signale la présence de nombreux cadavres dans un petit bois, tout près du village qui fut le théâtre d'un rude combat pendant la bataille de la Marne. Ils sont là, depuis plusieurs jours, cachés dans des fourrés très épais, qui les ont dérobés aux recherches pourtant minutieuses des détachements chargés de rechercher et d'enterrer les morts après les combats.

J'accompagne l'officier d'administration qui vient avec nous pour procéder à la reconnaissance des cadavres et dresser les actes de décès.

Toute la matinée se passe à rechercher les cadavres aux divers endroits signalés. Nous en trouvons ainsi une soixantaine, dont trois officiers, que nous transportons au lieu désigné d'avance pour l'inhumation. Nous revenons le soir avec un détachement du génie, qui nous aide à creuser une profonde tranchée, large de 2 mètres et longue de 20 mètres, et une fosse plus petite pour les officiers.

Lorsque tous les corps furent alignés côte à côte au fond de leurs tombes, un prêtre infirmier sort des rangs. Aussitôt, le silence se fait, et, sans commandement ni ordre, par un geste tout spontané, officiers et soldats se découvrent et tracent sur eux- mêmes le signe de croix que le prêtre vient de faire sur les tombes.

Celui-ci, debout sur le talus, récite à haute voix les prières de l'absoute, auxquelles répondent un grand nombre de soldats, qui se souviennent peut-être d'avoir été enfants de choeur autrefois.

Un dernier signe de croix, et l'on se remet au travail pour recouvrir de terre les cadavres. Seulement, on ne cause plus, comme tout à l'heure: on n'entend plus que le bruit des pelles qui s'emplissent et de la terre qui tombe..... Bien des soldats, d'un geste rapide, passent la main sur les yeux pour y refouler des larmes prêtes à tomber. La mort, avec son cortège de tristes pensées, a passé par là, a pénétré les âmes et courbé les esprits devant ses dures leçons. Mais le geste du prêtre bénissant les tombes a pénétré aussi les âmes, les a remplies d'espérance et a relevé les esprits vers le ciel. Aussi, quand, après avoir accompli son ministère, le prêtre, redevenu soldat, revint occuper sa place au milieu de ses camarades et prendre une pelle pour travailler lui aussi cpinme eux, ceux-ci protestèrent:

- Non, Monsieur l'abbé, laissez-nous faire notre travail; et vous, priez pour nous!

Comme ils ont bien saisi, devant la leçon des choses, le beau rôle du prêtre, ces hommes dont quelques-uns affectaient peut-être, jadis, de méconnaître l'utilité et la nécessité du sacerdoce au milieu de la société moderne. Et comme, devant ces cadavres de héros inconnus, morts glorieusement pour la patrie, a fui, loin de leurs cœurs, ce respect humain ridicule qui les retenait à la porte de l'église, lorsque autrefois ils suivaient le convoi d'un ami; et cette indifférence avec laquelle ils accomplissaient ce dernier acte de sympathie pour le défunt. Espérons que la leçon portera des fruits durables. Espérons que, rentrés chez eux, ils ne cesseront pas d'être ce qu'ils sont ici: qu'ils sauront prier, qu'ils oseront prier.

C. P.

[Croix d'Avignon et du Comtat.]

 

18 décembre 1914

Extrait d'une lettre d'un séminariste d'Orléans appartenant à un régiment qui ne comptait pas de prêtre dans ses rangs:

Sur le désir exprimé par beaucoup d'hommes de la compagnie, le lieutenant m'a proposé de réciter une prière publique pour nos camarades tombés sur le champ de bataille. Les gradés se sont réunis dans la « gitoune » du lieutenant, où nous avons récité une dizaine de chapelet, une oraison pour les morts et un De profundis. Je suis passé en faire autant dans chaque section. Pour qu'ils puissent s'unir aux sentiments et aux pensées exprimés dans les prières latines, je leur ai lu une traduction. Chacun était libre de s'y associer; tous se sont mis à genoux, et si, faute d'habitude, on ne répondait aux premiers Ave Maria que d'un murmure timide, tout le monde ne tardait pas à y aller à pleine voix et de plein cœur. Ce sont deux occasions où je me suis senti prêtre avant que de l'être. Pour vous expliquer qu'on s'adresse ainsi à moi pour réciter des prières sur nos morts, il faut vous dire que je suis seul séminariste au bataillon.

[Croix.]

.

Extrait d'une lettre d'un jeune sous-officier de Dijon:

17 octobre 1914

Hier, nous avons été sur un vaste champ de bataille, absolument jonché de morts. C'était vraiment impressionnant: tous les villages étaient en feu, on entendait les obus et les balles siffler, les hommes étaient dans les tranchées.

Seule, au milieu du champ de bataille, une ombre se détachait sur le brouillard très dense: c'était l'évêque d'Arras, qui allait de mort en mort et disait sur chacun d'eux les prières des défunts. Jamais je n'avais été impressionné à ce point; c'est le plus beau spectacle que j'aie jamais vu.

[Croix, 6 nov. 1914.]

 

Les Funérailles Sous le Feu

12 octobre 1914

Le 28 septembre, dans un village situé à peu de distance de la ligne de feu, eut lieu une émouvante cérémonie. Six cercueils avaient été placés dans le chœur de l'humble église. C'étaient ceux d'officiers du 4e Corps d'armée tués à l'ennemi: le général Gazan, ancien commandant le 115e d'infanterie; le colonel Wallut, du 31e d'artillerie; le lieutenant-colonel Prévost et le commandant Aubin, du 317e d'infanterie; le capitaine Ogier de Baulovy, du 117e d'infanterie; le lieutenant Lotbe, du 26e d'artillerie.

L'absoute fut donnée par l'abbé Grandin, aumônier du 4e Corps. Les six cercueils furent descendus, au cimetière, dans une fosse commune, et le général Boëlle, commandant du 4e Corps, très ému, envoya un dernier adieu à ses six officiers. Il les donna en exemple aux nombreux soldats présents et rappela les grandes leçons données par la mort glorieuse de ces braves.

Le canon tonnait pendant ce discours.

Aussitôt après cette impressionnante cérémonie, les assistants allèrent reprendre leur poste de combat.

[Temps.]

 

23 octobre 1914

Le dimanche soir 6 septembre, la 20e compagnie du ...e d'infanterie faisait une halte près d'un bois, à Heippes, à 30 kilomètres de Verdun. Trois hommes, originaires de l'Ardèche, trois frères, dont l'aîné était sergent et le plus jeune caporal, versés dans la même section et inséparables, venaient de s'asseoir. Une balle siffle au-dessus du képi du sergent et tue le cadet des trois frères. Le frère aîné, prêtre depuis deux mois et nommé vicaire à Rodes huit jours avant la mobilisation, donne l'absolution au soldat mourant. Puis, la halte devant être courte, les deux frères survivants, après autorisation du colonel, se procurent un drap dans une maison voisine, creusent en hâte une fosse dans le cimetière voisin de Heipps, récitent une prière et, au pas de course, reviennent à la tête de leur section pour repartir au feu.

[Croix, citant l'Avenir de la Haute-Loire. ]

 

Extrait d'une Lettre d'un Prêtre Brancardier Nantais:

11 novembre 1914, 19 heures

Mon Cher Oncle,

..... Hier, nous avons assisté à une cérémonie émouvante à E...

Lundi soir, un obus est tombé en plein sur un groupe escortant un officier supérieur, et, d'un seul coup, 8 hommes sur 9 étaient à terre, dont 6 blessés à mort et 2 très grièvement atteints. Immédiatement transportés à S..., les six premiers ne tardèrent pas à décéder, assistés par les aumôniers de la division. On leur fit de bien belles obsèques. Tout l'état-major était là, et plus de 500 hommes de troupes, en plus du peloton de service, respectueusement rangés, attendaient, immobiles, l'heure de la levée des corps.

Les corps étaient exposés dans une chapelle ardente, dans le vestibule du château où est installée l'ambulance. L'officier reposait dans son cercueil recouvert d'un drap mortuaire sur lequel on avait placé un drapeau tricolore recouvert d'un crêpe, la croix d'honneur et le képi du défunt.

Les autres morts, sous-officiers et soldats, étaient sur des brancards recouverts de draps blancs sur lesquels les camarades avaient placé de modestes bouquets quêtes fleur par fleur chez les habitants.

Les trois aumôniers, avec les soldats (ecclésiastiques eux aussi) portant la croix et les cierges, firent la levée des corps, et, dans un religieux silence, au milieu duquel on n'entendait que les chants liturgiques et la grosse voix du canon, là-bas, au loin, le cortège se mit en marche.

Dans l'église, trop petite ce jour-là, un artiste (soldat aussi) tenait l'orgue et jouait une marche funèbre pendant que les corps étaient déposés au pied de l'autel. Après le chant du De profundis et l'absoute, le cortège se reforma et se dirigea vers le cimetière, derrière une petite chapelle où les morts tués au feu reposent face à l'ennemi, au sommet d'une petite colline. Et, tandis que les dernières prières descendaient sur les pauvres soldats, au loin, comme une salve d'honneur, les marmites allemandes tombaient et résonnaient, faisant peut-être d'autres victimes. En quelques mots, le général dit adieu aux braves qui allaient dormir leur dernier sommeil, leur donnant rendez-vous dans une vie meilleure, parlant en soldat et en chrétien.

C'était assurément émotionnant, cette cérémonie au milieu d'un brouillard intense et glacial, dans un pays où, en somme, à chaque instant, les marmites pouvaient siffler et s'abattre au milieu de la cérémonie, car sur toute cette ligne nous sommes à portée de tir allongé de l'artillerie allemande.....

[Crolx nantaise.]

 

18 novembre 1914

Lettre d'un officier français attaché à l'état-major anglais:

En pleine nuit, par une obscurité profonde, à l'entrée du petit village de L..., voisin de B..., des groupes se réunissent.

Il y a là l'état-major de la 3e division anglaise, une délégation du quartier général du 2e Corps d'armée anglais, conduite par lé général Smith-Dorrien en personne, quelques officiers français attachés à l'état-major anglais, des officiers de la 3e division et, profitant d'un instant de répit entre deux attaques, des soldats dont l'obscurité empêche de distinguer les traits, car aucune lumière n'éclaire la scène. II ne faut pas donner l'éveil à l'ennemi tout proche.

Dans la nuit, dans ce village perdu, tous sont venus rendre les honneurs suprêmes à un vaillant soldat, glorieusement tombé pour la cause commune.

C'est le matin [14 octobre 1914] que le major-général sir H. Hamilton, commandant la 3e division, parcourait à cheval la zone occupée par ses troupes, quand, soudain, un shrapnell allemand éclata devant lui. Une balle, une seule, atteignant le général en plein front, l'étendit raide mort.

A la nuit, car on ne pouvait songer à faire circuler de jour une voiture d'ambulance dans ces parages, le corps fut apporté à L..., où fut célébrée, dans sa grandiose simplicité, la cérémonie émouvante de l'enterrement du guerrier.

Dans l'obscurité, le cortège se forme, et lentement traverse le village. A droite et à gauche on devine, plutôt qu'on ne distingue, une double haie de soldats, rassemblés là sous les armes en vue du prochain assaut.

Nous entrons dans le petit cimetière attenant à l'église, dont les obus ennemis ont éventré la toiture et démoli l'autel. Tout contre l'édifice en partie ruiné, une tombe a été creusée. C'est là qu'est déposée la dépouille mortelle du chef.

Et voici qu'au moment même où le clergyman commence les dernières prières, on entend, à courte distance, une, puis deux, puis cent détonations, et tout aussitôt le fracas étourdissant d'une fusillade intense, accompagné du sifflement des balles au- dessus de nos têtes; les pom-poms, les mitrailleuses se mettent de la partie.

C'est une attaque allemande qui se produit à quelques centaines de mètres, et que nos vaillantes troupes sont en train de repousser avec leur vigueur habituelle.

Le ciel a voulu que l'ennemi ait choisi précisément cette minuté pour attaquer nos soldats et leur permettre de tirer, autour de la tombe de leur chef, des salves d'honneur qui fussent en même temps des salves vengeresses..

Et, tandis que la fusillade crépite près de la petite église, le prêtre, de sa voix calme et distincte au milieu du fracas, achève dans l'ombre les prières suprêmes.

[Eclair citant le Havre-Eclair. ]

 

l'Allocution du Prêtre Brancardier

22 novembre 1914

On nous communique le discours prononcé par M. l'abbé Bouniol, missionnaire lozérien, brancardier, dans une cérémonie funèbre célébrée sur le champ de bataille pour nos soldats défunts. Nous le reproduisons avec plaisir.

Messieurs,

Mes Chers Camarades et Amis,

C'était à moi le dernier à prendre la parole ici. Mais, puisque le choix de mes amis, d'accord avec l'assentiment de nos chefs, a bien voulu me désigner, c'est de tout mon cœur de Français et de prêtre que j'adresse un témoignage ému de respect à ces tombes.

Soldats, chers amis, chers petits soldats de France, peut-être votre nom ne figurera- t-il pas dans les annales de cette terrible guerre; peut-être ne sera-t-il pas fait mention de votre bravoure et de votre suprême sacrifice. Mais que vous importe! Vous avez accompli votre noble devoir de grand cœur, et j'atteste, au nom du pays tout entier, que vous avez écrit votre page au beau livre qui racontera tant d'actes de courage et d'abnégation. L'histoire glorieuse de notre France n'est-elle point faite surtout de ces dévouements obscurs et de ces héroïsmes ignorés, que néglige l'historien plutôt soucieux des grandes lignes?

Honneur à vous, martyrs de la patrie et fiers vengeurs de sa gloire!

Ma pensée va maintenant plus loin que le petit coin de terre où reposent vos restes mortels. Elle va saluer avec une douloureuse sympathie vos mères et vos épouses qui sont dans l'angoisse. Peut-être ignorent-elles encore l'affreuse nouvelle. Mais, chers petits soldats, vous pouvez être tranquilles. Je sais, nous savons tous, que les mères et les femmes de France ont le cœur haut et fort. Toutes, dès les premiers jours de cette rude campagne, se sont préparées aux derniers sacrifices.

Vaillants ouvriers, chers pères de famille, vous avez bien achevé votre laborieuse journée. Ce n'est pas, en effet, pour une idée imprécise que vous avez généreusement donné votre sang et votre vie. C'est pour une réalité sublime, c'est pour la patrie, c'est pour la civilisation chrétienne et française, c'est pour toutes les chères familles de France, c'est pour votre foyer à yous, pour vos enfants, que menaçait l'étranger brutalement envahisseur. Honneur à vous, sauveurs de la patrie et défenseurs de la famille!

Et puis, ce n'est pas une impression de néant ni de tristesse qui se dégage de vos cercueils, mais une idée, une espérance de victoire et d'immortalité. En effet, le soldat qui fait le sacrifice de sa vie pour la patrie et qui unit ce sacrifice à celui de son Dieu mort sur la croix, remporte une double victoire. Ce sacrifice chrétiennement accepté est votre meilleur titre de gloire. Parmi nous, il en est quelques-uns qui ont reçu vos derniers aveux et vos suprêmes confidences. Je sais avec quelle douce émotion vous avez reçu la dernière absolution et la suprême bénédiction du prêtre soldat, votre, véritable ami.

Ainsi, chers petits soldats de France, vous êtes deux fois victorieux. Vous avez sauvé la patrie de la terre, notre France douce et bien-aimée; vous avez mérité la patrie éternelle: soldats, vous êtes immortels!

Un jour, le Seigneur prit son prophète et le mena au milieu de la plaine déserte, où gisaient épars les ossements desséchés des combattants d'Israël. Alors le Seigneur interrogea son serviteur et lui dit: « Crois-tu que ces ossements peuvent revivre un jour? » Et le prophète, s'étant pieusement incliné, répondit avec assurance: « Oui, Seigneur, je crois que vous êtes la Résurrection et la Vie, et j'ai la certitude que ces ossements revivront. »

Nous tous qui sommes ici, nous, vos camarades et vos amis, nous croyons fermement aussi que vos ossements brisés et vos cendres mêlées à la terre revivront. Et c'est là la douce consolation de vos épouses, de vos enfants et de vos amis.

Ces fleurs que nous déposons avec amour sur vos tombes glorieuses sont le symbole de cette espérance immortelle:

Gloire a la France éternelle! Gloire à ceux qui sont morts pour elle! Aux martyrs, aux vaillants, aux forts! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourront comme ils sont morts.

[Croix de la Lozère.]

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