de la revue ‘Lecture Pour Tous’, 15 mars, 1917
'Journal d'un Combattant de Verdun'
par Francisque Parn

Mort-Homme (mai 1916)

 

Il y a quelques semaines, la France célébrait l'anniversaire de cette magnifique résistance de Verdun qui a brisé la ruée allemande et restera comme une des plus belles pages de notre histoire. Le meilleur moyen d'honorer nos combattants, c'est de les montrer à l'œuvre et dans l'action. Le récit qu'on va lire, extrait d'un carnet de route encore inédit, constitue le plus beau témoignage à l'honneur de celui qui l'a écrit et de ses compagnons de lutte.

 

Avril 1916. — La maladie que j'ai contractée au cours des attaques de Champagne m'a immobilisé pendant plusieurs mois, et j'en soufire encore. Je dois néanmoins m'estimer heureux d'en être quitte à aussi bon compte, après plus d'une année de guerre pendant laquelle j'ai combattu en Lorraine, sur l'Ourcq, sur l'Aisne et en Artois. J'ai donc demandé à retourner au front, et j'espère voir bientôt ma demande aboutir.

12 mai. — Je suis désigné pour prendre le commandement du 1er bataillon du ne d'infanterie, qui se trouve sur le front de Verdun.

17 mai. — Me voici arrivé à mon nouveau poste. Le régiment, qui vient de se signaler au Mort-Homme, est en ce moment au repos dans les environs de B.... J'y trouve, comme chef de corps, un de mes anciens du 2e bataillon de chasseurs à pied. C'est un vrai soldat, adoré de son régiment, dont il a fait un des plus beaux corps de la glorieuse Xe division. Les hommes l'appellent le colonel Bois-bourru, et cela peint parfaitement ce chef à barbe grise, qui essaie en vain de cacher, sous une brusquerie voulue, sa grande bonté et sa sollicitude toujours en éveil.

19 mai.— J'assiste aujourd'hui à la remise de la croix de guerre au fanion de mon bataillon. Les deux autres bataillons l'avaient déjà, et le drapeau du régiment est décoré de la Légion d'honneur.

Je suis très fier d'appartenir à ce corps d'élite. Les cinq commandants qui m'ont précédé au bataillon ont tous été tués à l'ennemi.

24 mai. — Nous remontons au Mort-Homme. Des automobiles sont venues nous prendre ce matin et nous ont amenés sur la rive gauche de la Meuse, au sud-ouest de Verdun. Cette nuit, nous nous rendrons aux tranchées par une marche d'une vingtaine dïï kilomètres, en passant par les Bois-Bourrus et Chattancourt.

 

 

En Route Pour Le Mort-Homme

25 mai. — Départ hier soir, à la nuit tombante. La marche n’offre d’abord rien de particulier. Je suis frappé seulement par l'état boueux des chemins et des pistes, malgré la chaleur et la sécheresse qui régnent depuis un mois. Mais tant de milliers d'hommes et de voitures passent par là toutes les nuits!

A minuit, nous nous engageons dans les Bois-Bourrus.

A tout moment, des caissons d'artillerie vides redescendent par ce chemin étroit, dont ils tiennent toute la largeur. Il nous faut alors, pour ne pas être écrasés, escalader les talus en nous aidant des mains et des genoux.

De tous côtés, sur le bois, les obus s'abattent. Et, entre deux éclatements, nous entendons les roulades divines d'un rossignol, qui montent pures et splendides, dans l'air bouleversé.

Le chemin creux s'élargit enfin et nous débouchons du bois. Une longue descente, puis une montée de 1 500 mètres, et nous arrivons sur une crête d'où nous dominons Chattancourt, qu'il nous faut traverser pour gagner les tranchées.

Le village est, en ce moment même, bombardé de façon sévère. Je fais coucher le bataillon en arrière de la crête, et tiens conseil avec mon adjudant-major, le capitaine P..., un garçon froid et calme, que rien n'arrête, et de qui la bravoure est légendaire au régiment. C'est la quatrième fois qu'il revient au Mort-Homme, et il y à gagné la Légion d'honneur et de magnifiques citations.

Nous regardons Chattancourt où plusieurs maisons brûlent, et sur lequel les obus de tous calibres arrivent en rafales.

« N 'y a-t-il pas moyen de passer à droite ou à gauche?

— Impossible, me répond P.... Le seul chemin que nous puissions prendre traverse le village dans sa largeur. Peut-être pourrions-nous attendre un peu que le bombardement diminue.

— Et s'il dure toute la nuit?

— Ça arrive, , mon commandant.... Et nous sommes déjà en retard pour la relève. »

Evidemment il faut passer, coûte que coûte. Je donne mes ordres aux agents de liaison qui vont les porter aux compagnies, et bientôt le bataillon, en formation espacée, dévalé la pente qui descend sur le village.

En approchant de la lisière, les détails se précisent, et nous voyons que non seulement Chattancourt est bombardé et qu'il brûl, mais encore qu'il est inondé!

Le capitaine P...m'explique qu'une canalisation amère l'eau de la Meuse au village, et que l'inondation provient des tuyaux qui ont été crevés par le bombardement.

Nous nous lançons dans ce véritable enfer, où il semble impossible de pénétrer sans être tué, noyé ou brûlé. On patauge, on courbe le dos, on glisse dans des fossés où l'eau vous monte à mi-corps, on tombe, on se relève, on repart.... Et le miracle s'accomplit, Chattancourt est traversé!

Combien le bataillon y a-t-il laissé d'hommes? Je le saurai tout à l'heure. Nous nous engageons, quelques instants plus tard, dans le boyau qui mène aux tranchées. Il est à moitié comblé, et obstrué, en maint endroit, par des cadavres qu'il nous faut enjamber. A tout moment un obus siffle, éclate, et nous oblige à nous jeter à plat ventre.Enfin, j'arrive au poste de commandement, et j'y trouve le chef du bataillon qui me passe les consignes. J'apprends que je dois tenir, avec mon bataillon, une ligne de tranchées, ou plutôt de trous d'obus qui fait face au Mort-Homme. Un autre bataillon du régiment est au bois des Caurettes. Le bombardement ne cesse pas depuis plusieurs jours: il faut s'attendre, d un moment a l’autre, a attaque de l'ennemi.

Muni de ces renseignements, j'indique à mes capitaines les emplacements qu'ils doivent occuper. Ils connaissent tous le terrain et partent avec leur compagnie.

 

 

Isolés du Monde

26 mai. — II y a ici une ligne d'anciens abris qui sont assez solides. J'en occupe un, avec mon adjudant-major. Mes téléphonistes et agents de liaison sont dans un second, tout à côté. Quant aux autres, je les fais occuper par un peloton que je garde en réserve, car je tiens à avoir sous la main une fraction dont je pourrai disposer, en cas d'attaque.

Mes compagnies de première ligne sont dans une situation assez précaire. Il n'y a pour ainsi dire plus de tranchées, elles ont été complètement retournées par le bombardement. Les hommes sont établis dans une série de trous qu'ils aménagent de leur mieux, mais ils sont à chaque instant enterrés par l'explosion d'un obus à fusée retardée, qui s'enfonce et éclate sous terre, en produisant un énorme entonnoir. Les Allemands ne nous envoient guère ici que ce genre de projectiles, destinés à détruire les abris souterrains.

Ils les prodiguent sans compter!

Je ne puis arriver à me relier avec le bataillon qui est au bois des Caurettes. Le petit ravin qui nous sépare est une véritable fournaise, et c'est aller à une mort presque certaine que d'essayer de le traverser.

27 mai. — 8 heures matin.— Le bombardement n'a pas cessé depuis trente heures que nous sommes ici. Nous sommes complètement encerclés par les explosions, qui projettent vers le ciel d'énormes volutes de fumée verte, jaune ou noire.

Et cependant, la nuit dernière, les cuisiniers sont venus, à travers cette tourmente, apporter les vivres des escouades! C'est là, de leur part, un acte de magnifique courage, qu'ils accomplissent simplement, sans même avoir l'air de s'en douter. Cela représente 10 kilomètres faits sous les obus et les balles, avec une marmite à chaque bras, et quatre ou cinq bidons suspendus aux épaules. Ils apportent non seulement les vivres, mais aussi les lettres, qu'ils ont serrées précieusement dans la poche intérieure de leur capote — et ce sont eux seuls, maintenant, qui nous relient avec le reste du monde.

Quand le mien est apparu cette nuit à l'entrée de mon abri et a annoncé, aussi calme qu'au cantonnement:

«V’là l'dîner du commandant, et puis les lettres! »

J'ai eu envie de l'embrasser, et je lui ai serré les mains, comme à un vieil ami.

Mais,hélas! tous ne sont pas, comme lui, arrivés à bon port. Plusieurs de ses camarades sont étendus dans les boyaux, à côté de leurs marmites renversées...

9 heures. — Ma ligne téléphonique vient encore d'être coupée; c'est au moins la dixième fois depuis hier. A chaque fois, les téléphonistes sortent, et ne rentrent qu'après avoir exécuté la réparation. Quels braves gens aussi que ceux-là, intelligents, débrouillards, fiers de leur mission, et comptant pour rien leur vie quand il s'agit de leur devoir. Comment ne pas aimer de tels soldats!

On vient de m'annoncer deux prisonniers boches, qui s'étaient fourvoyés dans nos lignes. Rien à dire d'eux: ils sont sales, boueux et fatigués comme nous le sommes nous-mêmes. Mais je dois une mention au sergent qui me les amène; il se nomme Rémy C..., et eut son heure de célébrité il y a quelques années, au cours d'une affaire fameuse. Je sais qu'il n'en parle jamais, et qu'il est un sous-officier excellent et très brave.

11 heures. — Je cherche vainement, depuis mon arrivée, à me relier avec le bois des Caurettes. Aucune des patrouilles que j'envoie ne peut traverser le ravin, et elles y laissent, à chaque fois, plusieurs hommes.

Le capitaine P... vient de rentrer, après avoir, sans y réussir, essayé d'atteindre la première ligne. Les boyaux qui y conduisaient n'existent plus, et des mitrailleuses ennemies, installées sur les pentes du Mort-Homme, voient tout le terrain et tirent sur tout ce qui se montre.

Midi. — J'ai ici un poste de pigeons voyageurs. J'en lâche un couple pour demander que notre artillerie contre-batte plus vigoureusement l'artillerie adverse.

13 heures. — Un gros obus vient de tomber contre l'abri de mes agents de liaison et l'a soulevé d'un seul bloc, en lui faisant faire un quart de tour. Il est maintenant inhabitable et ses occupants se réfugient chez moi. Je les répartis dans les abris du peloton de réserve.

15 heures. — On a établi une chaîne de coureurs qui me relient au poste du colonel.: L'un d'eux m'a apporté, il y a une heure, l'ordre d'établir, coûte que coûte, une communication avec le bataillon qui est à ma droite, et dont on est, paraît-il, sans nouvelles, J'ai demandé six volontaires, choisis parmi les meilleurs hommes du peloton de réserve, et je les ai envoyés, l'un après l'autre, à cinq minutes d'intervalle. Ah! les braves gens! Aucun n'est revenu.

Mes compagnies souffrent beaucoup du bombardement, et ont déjà près de la moitié de leur effectif hors de combat. On tient quand même, et on tiendra jusqu'au dernier homme, mais cela commence à devenir dur. Plusieurs escouades — celles dont les cuisiniers ont été tués ou blessés en route — n'ont rien eu à boire depuis deux jours. J'ai réussi à leui faire parvenir une dizaine de bidons d'eau que le colonel m'a envoyés par un coureur.

18 heures. — Avec la nuit qui vient, le bombardement redouble. Il ne s'écoule pas plus d'une seconde maintenant entre chaque arrivée d'obus.

19 heures. — Un énorme jet de fumée et d'étincelles pénètre par la porte de mon abri, et nous n'avons que le temps, l'adjudant-major et moi, de nous réfugier dans l'angle opposé. J'avoue que j'ai eu à ce moment ridée absurde que les Boches avaient forcé nos lignes, et nous attaquaient à l'aide de lance-flammes!... Je me suis ressaisi tout de suite. C'était un paquet de fusées-signaux déposé sur l'escalier de l'abri, qui venait d'être enflammé par le choc d'un éclat d'obus.

Mais quel feu d'artifice et quel arrosage d'étincelles! Nous avons failli être enfumés comme des renards.

9 heures du soir. — Je commence à tomber de sommeil. J'essaie de lutter, mais mes yeux se ferment malgré moi. On dort très bien sous le bombardement... la terre est secouée et cela nous berce....

 

La Ruée Allemande

28 mai. — 2 heures du matin. — Je suis réveillé par l'adjudant-major.

« Ecoutez, mon commandant, comme cela tombe en ce moment.... Vraiment, ils abusent.... Je vais demander un tir de riposte, ça les calmera peut-être un peu. »

Ouf! je dormais si bien!

Les heures passent, et l'effroyable ouragan ne s'arrête pas. Que doivent devenir mes pauvres compagnies, sous ces tonnes de feu qui se déversent sur elles?

6 heures. — Voici le jour qui vient. Le bombardement continue.

7 h. 30. — Plus rien... c'est fini, l'orage est passé. Nous l'avons subi pendant cinquante- quatre heures. Il s'abat maintenant loin derrière nous, sur les pistes par où peuvent arriver des renforts.

C'est l'heure blanche, celle où l'une des artilleries allonge son tir, tandis que l'autre attend, pour déclancher le sien, de savoir sur quel point l'ennemi va attaquer.

Heure délicieuse, mais dont il faut se hâter de profiter, car elle ne sera sans doute pas bien longue. Nous nous précipitons hors de nos casemates, avides de voir le jour et de respirer un peu d'air pur.

Je vais partir maintenant avec mon adjudant-major, pour voir où en sont les compagnies de première ligne.

8 heures. — Au moment où nous partions, un officier arrive en courant.

«Mon commandant, les Boches attaquent!»

Parbleu! après un semblable marrnitage, ils doivent se figurer qu'il ne reste plus rien de vivant devant eux. O'n va leur montrer qu'ils se trompent.

« Tout le monde dehors! »

Le peloton de réserve bondit hors de ses abris comme une meute de dogues lâchés. Jamais je n'ai vu des hommes partir au combat avec une si furieuse ardeur. Joie de se trouver enfin à l'air libre, ou colère d'avoir été contraints de se terrer pendant si longtemps? Les deux, sans doute.

En un instant, le peloton s'est déployé en terrain découvert, et ouvre un feu violent sur l'ennemi qui est déjà arrivé à moins de 400 mètres.

Nous le voyons s'avancer en deux colonnes, l'une par le ravin de Béthincourt, l'autre par la pente du plateau. Chacune des colonnes paraît forte environ de deux compagnies.

C'est une folie de leur part de marcher dans une formation aussi serrée.

Ce qui reste des compagnies de première ligne a reculé un peu, et est venu se souder au peloton de réserve. J'ai, en plus, deux mitrailleuses qui fonctionnent. C'est suffisant. Les colonnes d'attaque sont prises sous un feu terrible. Elles arrivent cependant jusqu'à 200 mètres de nous, mais elles doivent trouver, à ce moment, que les morts que nous sommes sont beaucoup trop vivants encore, car elles font demi-tour avec ensemble, et repartent plus vite qu'elles n'étaient venues.

D'eux-mêmes, nos hommes ont mis baïonnette au canon, et se sont élancés à leur poursuite. Mais c'est là un jeu dangereux. D'abord, nous sommes en trop petit nombre, ensuite il y a, sur les pentes du Mort-Homme, des mitrailleuses qui vont nous prendre de flanc si nous faisons cent pas de plus.

J'arrête donc la poursuite avec beaucoup de peine. Nous réintégrons nos trous d'obus, contents d'avoir si bien arrêté l'attaque.

Je crois, malheureusement, qu'il n'en a pas été de même du côté du bois des Caurettes, où l'ennemi a pénétré.

Au cours de l'action, j'ai vu tomber devant moi le brave Rémy C..., qui s'agitait comme un diable, dédaignait même de se mettre à genou pour tirer, et descendait les Boches comme à la cible, en criant à chaque fois: « Rigodon! encore un!» Il a reçu deux balles, l'une à l'arcade sourcilière, l'autre dans la poitrine. Tandis que je lui serre la main, avant son transport au poste dç secours, il me dit :

« Donnez-moi un fusil, mon commandant, que j'en démolisse encore! »

Brave et courageux garçon!

15 heures. — Les Allemands ne bougent plus. C'est nous maintenant qui les bombardons. A chacun son tour.

16 heures. — Je viens d'avoir un moment d'horrible angoisse: j'ai cru que je devenais aveugle. J'ai ressenti tout à coup une sorte d'étourdissement, puis un brouillard s'est étendu sur mes yeux. Je ne distinguais plus ceux qui étaient devant moi. J'ai crié: « Je n'y vois plus!» et l'idée épouvantable m'est venue que je venais de perdre la vue.... Puis, peu à peu, la vision est revenue; cependant, les yeux me font toujours mal.

 

 

Après Quatre Jours d'Enfer

29 mai, matin. — La nuit a été calme. Nos ravitaillements sont arrivés sans encombre.

4 heures- soir. — Le bombardement a recommencé ce matin à 11 heures. Il est continu, mais pas très intense.

6 heures. — Les Boches viennent de tenter une nouvelle attaque, mais beaucoup moins importante que celle d'hier, et surtout beaucoup moins énergique. Au nombre d'une centaine, ils ont essayé de se glisser par le ravin de Béthincourt. Signalés par nos fusées rouges, ils ont été pris sous un tir de barrage précis, quilesadisprsés en un clin o'œil.

30 mai, midi. — Nous apprenons que nous allons être relevés la nuit prochaine.

10 heures du soir. — Voici le bataillon de relève. Il est commandé par mon vieux camarade P....

Au moment où je m'apprête à lui céder la place, on m'amène 27 prisonniers boches, qui viennent de se rendre. Ces gens là sont bien encombrants. Je me décide à les emmener jusqu'au village de F....

On me raconte à leur sujet une histoire bien amusante: six d'entre eux ont été trouvés par une de nos patrouilles, assis dans un boyau abandonné.

Qu'est-ce que c'est que ça? demande un des patrouilleurs.

— On est des Boches! » répond l'un d'eux d'une voix lamentable, dans le plus pur français.

Et ils se sont empressés de suivre les trois hommes de la patrouille.

31 mai. — Notre descente des tranchées, quoique incomparablement moins pénible que la montée, n'en a pas moins été assez dure.

Nous avons pu éviter, cette fois, la traversée à découvert de Chattancourt, toujours inondé et bombardé, grâce à un guide que nous a donné le colonel, et qui nous a conduits à travers un labyrinthe de boyaux, jusque de l'autre côté du village. Nous avons pris également un autre chemin pour traverser les Bois-Bourrus.

Enfin, vers 6 heures du matin, nous sommes arrivés à F..., où nous attendaient des granges hospitalières. Nous allons y prendre une bonne journée de repos.

Je reconstitue mes compagnies, et fais le compte de mes pertes. Elles sont sévères, autant en officiers qu'en hommes. Mais nousavons tenu bon, et les Allemands ne sont pas passés.

Francisque Parn

 

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