de la revue 'Le Noël' no. 1129 de 8 février 1917
'Dans les Flandres'
par D. Bertrand De Laflotte

Notes d'un Volontaire de la Croix-Rouge

...

Adinkerke, janvier 1915

Un taube est venu survoler Fumes pour se rendre compte de l'effet des bombardements successifs que nous avons subis depuis le soir de Noël; bombardements assez brefs d'ailleurs, une douzaine d'obus, coup sur coup, mais réguliers. Chaque jour, entre 2 et 0 heures, c'est invariable. On ne s'en étonne plus. Comme disent les soldats: c'est le B. Q. La signification de ces initiales? B. Q. = bombardement quotidien. Quoi de plus clair et de plus simple? Affaire d'habitude.

A plusieurs reprises, nous avons vu l'avion planer et virer au-dessus de nos têtes sans se soucier des fusillades isolées qui l'ont accueilli. Seuls, les feux de peloton ont semblé l'inquiéter. Il a repris alors de la hauteur et s'est enfui après avoir lâché trois ou quatre bombes qui ont fait plus de bruit que de mal. Si, en nous bombardant les jours précédents, les Boches ont voulu atteindre la Grand'Place et \e quartier général belge, ils ont fait un fiasco complet. C'est sur d'humbles maisons, en torchis et en plâtras, que les projectiles se sont principalement abattus. Les antiques demeures ont à peine souffert; quelques trous à fleur de façade; des éclats ont creusé dans la pierre grise des érallures, des rides qui ne déparent pas l'aspect vieillot des pignons flamands. Les deux églises, l'hôtel de ville sont intacts; le beffroi pointe toujours vers le ciel la silhouette dorée de son vieux lion héraldique aux griffes agressives. L'hôtellerie de la Noble-Rose, si connue de tous les touristes, a été moins épargnée. Des bâches ont été jetées en hâte pour préserver les étages supérieurs; des tuiles et des poutres jonchent la rue et témoignent que le toit n'est plus. Semblable aux vieilles pierres, le moral des hommes cantonnés dans la ville n'a pas été trop entamé. On se fait à tout, même au B. Q.

Il n'en est malheureusement pas de même des blessés recueillis et soignés dans les hôpitaux et les ambulances. Se sentir entre quatre murs, immobilisé dans un lit, alors que tout tressaille autour de vous, pierres et vitres; savoir qu'en cas d'alerte et de danger on ne peut pas bouger, qu'on est obligé de rester cloué sur place, fixe comme une cible et faible comme un enfant, il y a vraiment de quoi donner io de fièvre au blessé le plus calme, le plus maître de ses nerfs.

Il avait été déjà question d'évacuer Furnes après le bombardement de Noël; mais les coups s'étaient, les jours suivants, espacés et ralentis; on discutait encore lorsqu'un dernier fait a levé toutes les hésitations.

Alors que le chemin de fer vicinal venant de Dixmude arrivait, à vide par extraordinaire, sur la place de la Gare à l'heure réglementaire, les Boches ont envoyé deux obus de gros calibre. Ils pensaient que le petit train amenait, comme il le fait chaque jour, son convoi de blessés. Aussi avec quel soin avaient-ils fait re- pérer la direction et la distance! Avec quelle précision avaient-ils pointé leurs pièces dans l'espoir de détruire ces wagons-ambulances sur lesquels flottait visiblement le drapeau de la Croix-Rouge! Le chiffon d'étoffe après le chiffon de papier!...

A la place même où stationnaient, quelques instants auparavant, nos autos, plusieurs soldats français ef belges étaient rassemblés. Un premier obus éclate et fauche le groupe. Tandis que les allants et venants cherchent un refuge de l'autre côté de la place, derrière une porte coohère, un second projectile explose à la hau- teur des battants. Puis plus rien... Trois cadavres gisent dans le couloir de la maison, parmi des débris de planches et de ferraille; onze autres forment un tas sanglant près du premier éclatement. Ce fut l'affaire de cinq minutes à peine. Les quatorze corps ont été couchés sur des brancards et portés dans la salle de la gare; quelques-uns sont tellement déchiquetés qu'il a fallu jeter des couvertures pour les dérober aux regards.

Un infirmier qui m'accompagne me donne tous les détails.

- Vous l'avez échappé belle en partant à temps... J'étais à dix mètres d'eux, le long d'un wagon de sable qui venait d'arriver. C'est ce qui m'a sauvé.

- Y avait-il un aumônier près de là pour les bénir?

- Non, me répond-il en souriant; quelquefois, un simple infirmier suffit... Je n'ai eu que le temps de m'approcher et de leur donner à tous une absolution générale.

Et, aptes avoir salué ces pauvres cadavres odieusement mutilés, je m'incline bien bas devant ce prêtre soldat en capote rapiécée qui n'a pas bronché devant le danger qu'il a couru lui-même et, alors que tout le monde fuyait, s'est porté en avant pour faire le geste du pardon et murmurer les paroles rédemptrices...

Nous retournons sur la Grand'Place, déjà désertée par la plupart des autos qui y étaient parquées. Ordre nous est donné de filer à quelques kilomètres sur la gauche, à la gare d Adinkerke. C'est là que désormais se tiendra l'hôpital d'évacuation et viendront se ranger les trains sanitaires.

Pendant que nous faisons notre plein d'essence, un chauffeur belge s'approche. Je le connais pour avoir déjà bavardé avec lui entre deux courses. C'est un grand gaillard, au parler doux; la figure, barrée par une forte moustache dorée, s'éclaire de deux yeux bleus, tout pétillants de malice et de blague, de « zwanze », comme "on dit à Bruxelles. Mais par moments le regard se voile d'une lourde trislesse. On voit alors que ces yeux-là ont souvent pleuré:

- Ah I les brigands I ils espéraient atteindre un train de blessés... Les sauvages! Ça, c'est bien d'eux... Tenez... j'avais une vieille maman au pays, tout près de Malines. Eh bien! Ils l'ont tuée, Monsieur, ils l'ont lardée à coups de baïonnette... pour rien, pour le plaisir... Aussi, un soir que je roulais sur la route, j'en ai « chopé » deux qui étaient en patrouille; ça n'a pas traîné... Ah! ce que ça m'a fait du bien!... Pauvre vieille! Elle avait quatre-vingt-deux ans... Il m'en reste encore 80 à démolir... Mais patience, la guerre n'est pas finie; la mère aura son compte.

Et il se mut à rire, d'un rire hoqueté, nerveux, tandis que deux grosses larmes se perdent dans sa moustache...

La pluie embrouillasse la route que nous suivons entre deux rangées d'arbres qui forment voûte. Les voilures sautent sur la chaussée ravinée par les charrois et les convois d'artillerie. INous écornons La Panne et tournons à gauche pour prendre un chemin que bordent les premiers renflements des dunes. Des convois, des autos, des estafettes courbées sur leurs motos... Dans la nuit tombante, par delà une longue plaine à perte de vue, un clocher sans caractère, une enfilade de maisons basses, tassées, c'est Adinkerke; puis, en avant, une grande bâtisse neuve aux toits vermillonnés de tuiles, c'est notre nouveau poste, la gare.

Où est notre artistique vision de Furnes? Tout cela est d'une banalité et d'une monotonie singulièrement attristantes... Mais nous ne sommes pas ici pour faire du tourisme...

Somme toute, elle est très bien, cette gare, toute neuve et très spacieuse. Avec ses larges baies, ses plafonds de chêne clair à voussures, ses cheminées à hotte, ses murailles de brique €t de granit, elle donne l'impression d'un très confortable cottage planté au centre de cette plaine grasse. A gauche, le moutonnement des dunes; à droite, une masse imprécise d'où émergent trois clochers, Furnes; derrière le village tout en longueur, le canal qui descend jusqu'à Dunkerque. Non loin, un poste d'avia- tion arrondit ses tentes que gonfle la brise de mer.

Ici, du moins, la place ne nous manquera pas. Dans les salles, une centaine d'hommes peuvent attendre, couchés, que le train sanitaire les emmène. Mais, hélas! le mobilier ambulancier est réduit à sa plus simple expression; un poêle, des bancs de bois, c'est momentanément tout. On nous promet pour ce soir des brancards et des couvertures...

Aucun convoi jusqu'à 8 heures. Les routes sont balayées par la mitraille. On est obligé d'évacuer de nuit, tous phares éteints. Quelle atroce, quelle angoissante vision ces arrivées dans l'obscurité, sous la pluie qui déferle, dans celle boue qui retient les pas I Les autos se succèdent, et nous fouillons la nuit avec nos lampes de poche en relevant les bâches mouillées. Des silhouettes étendues, des faces douloureuses apparaissent soudain sous l'éclair qui jaillit, et puis tout retombe flans le noir. Pas un cri, pas une plainte! Quelquefois un gémissement arraché par un mouvement trop brusque ou par un heurt... Ils sont là maintenant côte à côte, brancards contre brancards, couchés dans la grande salle. Un grand siîence plane; un silence luurd de fatigues et de souffrance».

Chers soldats de Fiance, défenseurs de nos foyers, de nos berceaux el de nos lombes, qui ont tout quitlé et ne se plaignent jamais I Par instants, un rayon de la lampe unique qui se balançait à la voûte projetait sur kurs fronts peu à peu détendus comme une chuté d'auréole. Les infirmiers militaires avaient pris un peu de repos, et j'étais seul, tout seul au milieu des blessés, tapi dans un coin, roulé dans mon manteau. El, par instants, je ne croyais revenu aux premiers âges, dans un sanctuaire de catacombes, veillant sur des martyrs ...

Au malin, changement de décor. La tournée des quarts a délié le.s langues, et c'est presque de la gaielé qui llolle dans l'air. Sur un banc, un zouave à barbe blanche attire mes regards. Bourrage réciproque de pipes; on cause. C'est un Lillois. Il a cinquante-quatre ans bien sonnés. Ses trois fils sont au front:

- Alors, quoi! Je suis veuf, les gars élaient partis, ni une, ni deux: j'ai mis la clé sous la porte et j'ai été retrouver mon ancien régiment... Une balle en séton. Pas autre chose, et dire qu'on m évacue pour ça! Quinze jours d'ambulance tout au plus el je repique.

Et maintenant le contraste des âges. Près de l'entrée, un fusilier marin dont la capote déchiquetée porte la médaille militaire. Une figure d'enfant, des yeux rieurs, un nez « dans lequel il pleut », une vraie tète de gosse faubourien. Le ruban jaune est déjà passé; la médaille est toute ternie.

- Il y a longtemps que tu la portes?

- Dame! oui, M sieur. « Ça m'est arrivé » dans les premiers temps qu'on nous a fait venir, la fois qu'on a été à Dixmude.

- Bravo, mon camarade! Jeune comme tu es, c'est rudement chic.

- Oh! je ne suis pas si jeune que ça: je vais sur mes dix-huit ans.

- C'est ta maman qui doit être fière?

-- Oh! moi, M'sieur, je n'ai jamais eu de maman; je n'ai personne « à qui j'aie pu l'écrire ».

Pauvre héroïque gamin! Tout seul au monde dans sa gloire! Comme je regretle de lui avoir peut-être fait du chagrin!... Mais non, il me fixe avec ses bons yeux clairs:

-- Voyez-vous, M'sieur, je suis né comme ça, un beau jour, comme les moineaux... Enfin, je suis bien content tout de même si ma médaille a pu faire plaisir à quelqu'un.

Je prends ses deux mains dans les miennes longuement, et, émus tous deux, nous nous regardons sans pouvoir prononcer un mot. On s'est compris.

Peu à peu, le train s'est rempli. Français et Belges fraternisent; puis insensibleYnent fegj conversations tombent dans l'attente du départ. Il y a encore des places inoccupées, des brancards vides. Le coup de sifflet ne sera donné que si le train est absolument complet; dangereuse combinaison qui expose trop souvent les blessés à de funestes retards. Heureusement qu'il n'en sera pas ainsi cette fois, car un convoi de plusieurs autos nous est signalé.

Voici un grenadier belge étendu sur une civière. Qu'a-t-il? II ne cesse de gémir et cependant on ne constate sur lui aucune trace de blessures. On l'interroge. Jl comprend, mais ce ne sont que des cris inarticulés qui sortent de sa bouche grande ouverte et crispée. Un brancardier a l'heureuse inspiration de lui passer un crayon et du papier. Il nous écrit alors son histoire, elle est curieuse. Il était dans un poste d'écoute, abrité par des madriers. Une marmite arrive, déchiquette ses deux camarades et l'ensevelit sous l'enchevêtrement des bois. On accourt et on le retire. Pas une égratignure! Il veut parler: impossible. La figure est restée figée dans une expression d'angoisse et de terreur. Ce n'est plus qu'un être qui pense, derrière un masque immobile et contracté.

Des cas semblables sont assez fréquents chez les sujets nerveux. Les tranchées sont parfois soumises à une telle avalanche de mitraille et l'infernal tapage est tel que les hommes ne s'entendent plus tirer. Ajoutez à cela les volées de notre 75 qui bavarde à l'arrière de la ligne et contrebat les batteries boches... Comment tous ces hommes qui, hier encore, étaient de paisibles cultivateurs, des artisans, des employés, peuvent-ils résister P Ils n'en savent rien eux-mêmes. Et que penser de ces enfants qui ont passé par là et n'y ont pas vu sombrer leur raison? Témoin mon petit médaillé « qui est né comme ça, un beau jour, comme les moineaux ». Témoin encore ce « gosse » de quatorze ans et demi que je rencontre devant la gare, sac au dos, chargement complet, fusil à la bretelle. Ancien boy-scout d'Anvers, il s'est engagé dans les carabiniers et a fait toute la retraite. Un chien le précède en jappant joyeusement. C'est son camarade, son ami. Depuis quatre mois, l'enfant et le chien ne se sont pas quittés une seconde, pas plus dans les cantonnements que dans les tranchées. Ils comptent bien finir la campagne ensemble.

Une auto arrive, isolée. Elle roule lentement et contourne les dépressions de terrain. Nous savons ce que cela signifie; un grand blessé nous est amené. En effet, un brancard ensanglanté est retiré. L'homme, un tirailleur, agonise, le ventre ouvert par un éclat d'obus. Ses yeux révulsés ne distinguent plus les figures qui se penchent vers lui. A peine le brancard est-il rentré dans la salle que la tête se renverse: l'homme a fini de souffrir... Vite un bout de prière. On n'a pas le temps de s'apitoyer, car il n'était pas seul dans la voiture. Un zouave est assis dans un coin, la main et l'avant-bras tout gainés de sang. Il descend sans aide et file tout droit... sur la cantine de la gare. Pendant qu'il déguste à petites lampées un quart de vin et un biscuit, nous l'interrogeons. Vraiment la mort ne veut pas de lui. Trois fois évacué, quatorze balles dans la peau, plus un coup de lance, tel est son bilan depuis Charleroi jusqu'à la Marne. Il remonte alors vers Nieuport, rétabli et tout guilleret. Trois mois de trêve; les balles l'oublient. Et puis ne voilà-t-il pas que la nuit dernière, alors qu'il patrouillait, il s'est, approché d'un blockhaus qui dissimulait une mitrailleuse.

Résultat: deux doigts de la main gauche enlevés.

Tandis qu'il nous parle, je le vois regarder à terre autour de lui.

- Tu as perdu quelque chose?

- Faites pas attention. C'est un tic... Je continue à chercher mes sacr... doigts. Ça me fait si grand dépit de ne les avoir pas retrouvés, j'aurais voulu les garder comme souvenir. Attendez un peu que je sois rétabli. Qu'est-ce qu'ils prendront, les Boches?

Et tout cela dit sans forfanterie, avec un sourire qui s'efforce d'écraser la crispation de la douleur qui monte aux lèvres.

Et cet autre qui nous arrive de l'ambulance de la Panne, sautillant sur sa béquille. En traitement depuis un mois, il a été amputé de la jambe droite. Je le conduis au train où un brancard est préparé pour le recevoir:

- Chouette alors! moi qui n'étais jamais monté en sleeping!

Combien de reparties de blague héroïque et sublime n'ai-je pas entendues chez tous ces braves qui,-le premier moment d'affaissement passé, font la nique à la douleur et à la mort! A Dunkerque, au café des Alliés, j'avais causé avec les officiers qui étaient revenus indemnes de la lutte et devaient y retourner le lendemain. A Furne, à Adinkerke, j'ai entendu les propos des soldats blessés, épaves sanglantes de la mêlée qui sévit à quelques kilomètres de nous. Le moral est le même. Le grand souffle qui a passé sur la France et maintenu la confiance malgré les premiers revers gonfle toutes ces poitrines et emporte ces âmes vers de glorieux lendemains. Quoi qu'il advienne, fatalement, nécessairement, avec de tels hommes nous devons vaincre. Ce sera plus ou moins long, mais ce sera. Chaque jour, leur foi aveugle, entêtée, indéracinable, s'incruste davantage en moi. En douter un seul instant, ce serait faire la pire injure à ces vaillants; ils sont splendides au feu, ils le sont encore plus dans la souffrance...

Et qu'on ne croie pas que le spectacle de toutes ces misères puisse refroidir l'ardeur des valides, de ceux qui n'ont pas encore vu le feu et ignorent la bataille. Quotidiennement, la gare s'emplit du brouhaha des hommes tirés des dépôts et destinés à combler les vides. Souvent les civières sanglantes se frayent un passage parmi les détachements qui viennent de débarquer, tout équipés de neuf. J'ai alors observé les figures des nouveaux venus qui prenaient ainsi contact pour la première fois avec la guerre; aucun effroi, pas même d'émotion. Voici toute une compagnie de zouaves qui dégringole de wagons bariolés d'inscriptions humoristiques. Le lettré de la bande y proclame - à la craie?- que « zouave rime avec brave », mais que « boche rime avec moche ». L'uniforme trop voyant a été abandonné; le kaki le remplace: « On s'est roulé en chemin dans la moutarde », crie l'un d'eux. Mais, heureusement, la coupe de l'arme spéciale a été respectée; c'est toujours la culotte bouffante, la chéchia posée en bataille.

Pense-t-on qu'ils sont impressionnés par ce défilé douloureux? Ah! bien, oui. Ecoutez-les:

- Des blessés! C'est que les Boches ne sont plus loin.

- Veine!

- Dites donc, la Croix-Rouge, faut-il encore attendre longtemps pour les voir? Voilà trente-six heures qu'on roule.

- Ils finiront peut-être par m'avoir, moi aussi, à la longue, mais ça leur coûtera cher. Faudra y mettre le prix.

Et comme la canonnade roule du côté de Nieuport:

- Tenez, les copains, voilà qu'on nous appelle là-bas... Par le flanc droit, marche!...

D. Bertrand de Laflotte

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