- de la revue Revue de la Presse', du No. 151, 6 septembre 1918
- 'La Belgique Héroïque et Vaillante'
- 'Prisonnier au Camp de Soltau'
- Recueillis par le Baron C. Buffin
Récits de Combattants
- d'après le récit d'Armand Hasevoets
- premier sergent au régiment des grenadiers de forteresse
Je faisais alors partie d'une compagnie du régiment de grenadiers de forteressse. Nous occupions l'intervalle entre le fort de Kessel et de Broechem, lorsque, le 4 octobre 1914, commença le bombardement. D'abord, par des feux de shrapnells, les Allemands règlent leur tir; puis, à intervalles de cinq à dix minutes, ils lancent des obus sur Broechem. Selon que le projectile tombe dans le sable, dans le fossé ou dans le béton, une gerbe jaune, noire ou blanche s'élève à dix mètres dans les airs.
Vers le soir, nous recevons l'ordre de protéger une colonne de soldats du génie, chargés de détruire les ponts sur la Nèthe. Dissimulés dans les champs, nous voyons des ombres se glisser le long de la rivière. Dans la nuit sombre, cinq grandes lueurs, cinq détonations; ce sont les ponts qui sautent. A Broechem, la canonnade s'est ralentie, des flammes entourent le fort.
Nous nous retirons alors sur la seconde ligne de défense; nous traversons Wyneghem, Burght, Zwijndrecht, où le régiment nous rejoint. Les soldats, qui viennent de parcourir une étape de 60 kilomètres et qui depuis des semaines n'ont pour lits que des tranchées, sont exténués. A peine les faisceaux sont-ils formés que la plupart s'étendent sur le pavé. Debout sur le seuil de leurs maisons, les habitants examinent les grenadiers avec une curiosité mêlée de crainte. Que viennent faire ces troupes? La vue de quelques pièces de monnaie les rassure, et bientôt, dans chaque maison se prépare un fricot coigne. Le lendemain nous continuons la retraite par la route de Saint-Nicolas. Le canon gronde, la terre tremble sous une pluie d'obus qui interrompt notre marche et qui nous oblige à attendre la fin de la rafale, couchés dans les plantes de betteraves ou de navets.
A Beveren-Waes, le colonel, réunit les officiers et leur parle longuement. Sombres et découragés, ceux-ci reviennent vers nous: « Nous sommes cernés, disent-ils, par un ennemi d'une supériorité numérique écrasante. Toute résistance serait vaine. Notre dernière ressource, notre unique ressource est de passer en Hollande. »
Désespérés, les larmes aux yeux, les soldats se communiquent à voix basse leurs pénibles réflexions. « Comment, être internés sans avoir combattu, sans avoir vu l'ennemi. Quelle humiliation! » Mais déjà le régiment se remet en marche vers La Clinge et, par un brouillard épais, se fraye passage dans les chemins encombrés de chariots, de véhicules de tout genre, au milieu de la population qui fuit, éperdue. Et avec tristesse les soldats songent à leur départ de Bruxelles deux mois auparavant, à l'enthousiasme, à la fierté et à la confiance avec lesquels, par un gai soleil, ils s'avançaient en chantant sur la route de Wavre, parmi des acclamations et les vivats.
En approchant de la frontière les hommes jettent leurs fusils, leurs cartouchières, leurs sacs. Sur une distance de plusieurs kilomètres, le sol est jonché d'objets d'équipement. Ce spectacle m'indigne: « Non, m'écriai-je, quoi qu'il advienne, je n'irai pas en Hollande. » Je ramasse des cartouches, j'en bourre mes poches et pendant que mes camarades traversent la frontière, je gagne à grands pas la route de Lokeren. Combien de temps marchai-je ainsi? Je ne sais. J'étais comme fou. A chaque instant apparaissent des patrouilles contre lesquelles je fais le coup de feu; d'autre fois, à toute vitesse passent des autos-mitrailleuses; tapi dans le fossé, osant à peine respirer, j'attends la disparition des redoutables engins. Par une chance incroyable, échappant à tous les dangers, j'atteins les environs de Lokeren; dans les champs, des paysans travaillent paisiblement. Je m'approche: « Y a-t-il des Prussiens dans la ville? interrogéai-je. Plus de cent mille, répondent-ils. Où pourrais-je trouver des vêtements civils? Là- bas, dans cette ferme, on vous en donnera sans doute. »
Je pénètre dans la ferme, et, après discussion, j'obtiens, contre quinze francs, des effets bourgeois que j'endosse immédiatement. Puis, après avoir enterré mon fusil et mon uniforme, enhardi par mon travestissement, je m'avance sans défiance sur la route de Lokeren. Un cri m'arrête: « Qui va là? Habitant de Lokeren, répliquai-je à tout hasard. Levez les bras! » J'obéis.; « Avancez! » J'obéis encore. J'étais tombé sur une patrouille bavaroise cachée derrière les arbres de la route. Je subis un court interrogatoire et fus réuni à une bande de cent cinquante civils dissimulés le long d'une haie. Après une heure d'attente la souricière n'attrapant plus de victime, l'officier commandant, un oberlieutenant, nous interpelle: « Puisque vous êtes de paisibles bourgeois, je vais vous faire reconduire à la ville. » Nous partons, encadrés de soldats bavarois. Près du pont sur la Durme, un lieutenant, posté en face d'une fabrique, nous attend. « Entrez ici; » ordonne-t-il. Nous entrons. Dans la cour se trouvent empilés des uniformes du génie belge, qu'on nous intime l'ordre de revêtir. Je me rends chez l'officier: « Je ne suis pas militaire, protestai-je, et je ne me prêterai pas à cette comédie. » Pour toute réponse, le lieutenant me saisit les mains, recueille avec son canif la saleté qui encrasse mes ongles et la renifle; puis, saisissant une fiole, il en verse quelques gouttes sur cette poussière et la renifle à nouveau. Un immense coup de poing suivit cet examen:
« Vous n'avez pas des mains de travailleur, mais des mains de soldat, hurle-t-il. Obéissez, ou vous serez fusillé! » Sous la surveillance de deux soldats qui inspectent minutieusement mon linge, j'endosse un uniforme et me place au milieu des soldats belges improvisés. Groupés en colonne, nous sommes alors promenés triomphalement dans les rues de Loke-ren et abreuvés d'injures et de quolibets par la soldatesque allemande. La parade terminée, après un semblant d'interrogatoire, nous sommes menés dans une impasse et contraints d'enfouir des cadavres de chevaux déjà en état de décomposition.
Tout en travaillant, j'observe les alentours et j'aperçois sur la droite l'entrée d'un sombre boyau. Profitant d'un instant d'inattention, je m'y glisse; c'est une glacière. L'obscurité est profonde; à tâtons, je,me blottis derrière les blocs de glace et passe plusieurs heures à grelotter. Jusqu'à moi arrivent les expressions de dégoût qui échappent à mes compagnons pendant leur répugnante besogne.
Quand le travail fut terminé, un sous-officier eut la fâcheuse idée de compter les hommes d'équipe. « Il en manque un », remarque-t-il. Aussitôt un d'entre nous, un misérable espion, me dénonce: « II est là dans la glacière. » Les Allemands entrent, me découvrent et me font sortir à coups de bottes. Personne ne pourrait décrire mon état de fureur, ma rage. Que ce misérable me tombe entre les mains, il n'aura pas le temps de s'ennuyer, car je lui réserve une fête de mon invention.
Le mardi, 800 soldats anglais et 300 soldats belges, de véritables soldats cette fois, nous sont adjoints. Comme certains militaires belges sont en civils, je m'entends avec l'un "d'eux et troque mon uniforme contre ses habillements. Je peux ainsi soutenir mon rôle de bourgeois avec plus de vraisemblance. Le lendemain, nous partons à pied, escortés par des Bavarois et nous sommes conduits jusqu'à Termonde, soit une étape d'environ vingt kilomètres. Le trajet est fort pénible, car nous n'avons pour nourriture que des navets que les soldats arrachent dans les champs et nous jettent. Termonde présente un aspect effrayant. Au milieu des maisons incendiées s'agitent, tels des démons, des marins ivres, tenant des bouteiHes de vin sous les bras, qui pillent, saccagent, dévalisent tout. Dans une des rues, le bourgmestre de Waesmunster nous arrête et, grâce à ses protestations, il obtient la libération des habitants de sa commune. J'avise un officier belge d'habillement et lui demande d'intervenir en ma faveur, in- voquant ma qualité de civil. L'officier beige s'adresse immédiatement au commandant du convoi, qui réplique en excellent français: « Nous avons reçu l'ordre d'arrêter les civils de la région qui ont tiré sur nos troupes. Si je rendais la liberté à cet homme, il ne ferait pas cinq cents mètres sans être empoigné. Venez me parler à Schaerbeek. J'aviserai. »
A 7 heures du soir, nous sommes menés à la gare, comptés, gratifiés d'une gamelle de soupe et entassés dans des wagons à bestiaux, garnis d'une épaisse couche de fumier. Dans chaque voiture se serrent 36 Belges et 4 soldats bavarois. Et nous voilà partis. Hélas! Quel train! C'est un poussif. Lentement, il avance, peinant, sifflant, soufflant, s'arrêtant à tout instant. Bien vite nos gardiens engagent la conversation. Il montrent fièrement leur cocarde bieue et blanche et nous disent: « La reine Elisabeth est également Bavaroise, c'est une noble femme qui donnera toujours aux Belges l'exemple des vertus. Nous l'admirons et la respectons. » Et par d'autres phrases élogieuses, ils nous expriment leur sympathie pour la nation belge. Profitant de ces bonnes dispositions, je priai un des gardiens d'entr'ouvrir la porte, afin que nous puissions contempler une dernière fois notre pays. Il y consent. Et tandis que sous mes yeux défilent des pâturages remplis de troupeaux, des champs de moissons d'or, parsemés de loin en loin de fermes aux toits rouges, gaies et pimpantes sous le soleil couchant, vautré sur le fumier, dans l'air tiède, empesté, encombré de bestioles, je combine un nouveau plan d'évasion. Le silence règne, les Bavarois somnolent.
Au dehors, pas de troupes en vue; seules, postées de kilomètre en kilomètre, des sentinelles surveillent la voie. Voici Zellick, voilà le champ de courses, le moment semble propice. J'ouvre doucement la porte et m'avance pour sauter. A cet instant quelqu'un crie à l'intérieur du wagon: « Quel est l'imbécile qui ouvre la porte par un froid pareil? » Les quatre Bavarois sautent sar leurs pieds et, jurant, sacrant, distribuent à chacun une volée de coups de crosse. Notre train traverse Bruxelles et, toujours à son allure de tortue, atteint Liège à 5 heures de l'après-midi. Notre arrivée est annoncée et la
population, massée autour de la gare et dans les rues environnantes, nous acclame, nous jette du pain, du chocolat, du tabac, d'autres douceurs et nous crie: « Anvers est-il pris? » Et sur notre affirmation, gémit: « Mon Dieu, mon Dieu, quel malheur! » On se figure avec quelle joie les vivres furent accueillis; depuis la veille nous n'avions rien bu, rien mangé. Notre voracité émeut les Bavarois qui nous permettent de descendre sur la voie et de ramasser les dons répandus de tous côtés. Pour les hommes de notre wagon, nous avons un pain d'un kilogramme, une tablette de chocolat et quatre bouteilles de vin; divisées par 36, les parts ne sont pas grosses; mais la vue de la vaillante cité liégeoise, l'accueil si cordial de ses habitants nous ont réconfortés. Et après le repas, lorsque le distributeur nous alloue à chacun deux cigarettes, nous avons l'impression d'achever un repas de roi. Un peu ragaillardi, je m'avance vers un officier allemand à l'air bonasse et me présente comme un inoffensif pâtissier de Bruxelles qui s'est rendu dans les Flandres pour acheter du beurre à bon marché et se trouve victime d'une épouvantable erreur. Je suis éloquent et persuasif: « Vous êtes libre, me déclare enfin l'officier. Demandez un billet pour Bruxelles. » Ivre de joie, je me précipite chez le chef militaire de la gare, un grand gaillard à tête de boule-dogue, qui sans m'écouter, m'allonge un coup de poing sur la tête, un autre sur la nuque et accélère ma sortie de son bureau -par un magistral coup de pied.
En quittant Liège, nous voyageons dans une complète obscurité. A Herbestal, un mannequin affublé d'une grande tenue d'artilleur belge, pendu à un poteau, vis-à-vis de la gare, excite une hilarité à laquelle participent nos gardiens bavarois eux-mêmes. Sans arrêter, nous continuons notre route jusqu'à Dusselheite. Là, dans un hangar avoisinant la gare, nous sommes invités à nous débarbouiller. Impossible de se faire idée de noire saleté: le visage plaqué d'ordure et d'immondices, les cheveux emmêlés, piquetés de brins de paille, les vêtements souillés, chacun de nous pensait en regardant son voisin: « Quel sale type! » A force d'eau de savon, de brossage et de grattage, nous parvenons à reprendre l'aspect d'êtres humains; nous buvons un bol de soupe, dévorons trois saucisses et repartons. Nous traversons des gares, des ponts, des passages à niveau, des tunnels. Souvent nous croisons des trains remplis de soldats allemands qui nous crient des injures, nous montrent le poing.
Nous ne répliquons point, mais nos yeux parlent pour nous et toute notre haine se concentre dans nos regards. Cependant notre interminable voyage approche de sa fin: le 16 octobre, à 11 heures du soir, après soixante-quatre heures de route, nous arrivons à Soltau. A la gare, nous sommes divisés en deux groupes: les militaires et les civils, parmi lesquels je prends place et qui sont dirigés vers l'école d'équitation à travers une foule plus curieuse qu'hostile. Devant le manège, un sous-officier qui porte inscrit sur son uniforme le mot: « Gibraltar » nous engage à prendre possession du local: nous entrons, le manège est bondé! Sans s'émouvoir, le « Gibraltar » allonge au hasard quel- ques coups de trique en hurlant: « Ici, encore une place pour un cochon! Nous nous étendons à terre et dormons comme des brutes.
Le lendemain, je constatai que le manège contenait 1400 prisonniers civils dont l'âge variait de huit à quatre-vingt-quatre ans. Parmi eux se trouvaient le curé et le vicaire de Lebbeke, le curé de Sommeleuze, l'aumônier de l'Orphelinat de Termonde, le notaire de..., l'abbé Bilaers, etc. Tous les ecclésiastiques avaient du revêtir des vêtements laïcs, car la vue des soutanes excitait la colère des soldats, qui pourchassaient les prêtres à coups de baïonnette en criant: « Chien de cochons, à l'église vous priez dans la rue vous tirez. »
A l'exception du « Gibraltar », les soldats chargés de notre surveillance ne nous mal- traitaient pas. Ils criaient, juraient, menaçaient, mais nous frappaient rarement. Un règlement très sévère nous était imposé, et toute infraction était punie de cellule ou de mise au poteau. Cette dernière peine, qui consiste à attacher le coupable pendant douze heures debout à un montant du manège, est excessivement pénible. Comme nourriture, nous recevons du café le matin, de la soupe à midi et le soir, plus un pain de 1500 grammes tous les trois jours. Cette alimentation était saine, mais insuffisante. Comme j'avais un peu d'argent, je me procurais des vivres supplémentaires mais mes autres compagnons dont les fonds étaient épuisés, étaient réduits à dévorer les miettes des gardiens que ceux-ci leur abandonnaient.
Vous ne pouvez croire quel navrant spectacle c'était pour moi de voir ces gens fortunés, instruits, occupant dans notre pays des situations élevées, se jeter avidement sur le bidon contenant les restes des soldats allemands et les manger gloutonnement.
Notre nombre diminuait, car les enfants de moins de quatorze ans avaient été renvoyés à Bruxelles et les ecclésiastiques expédiés à Selb; enfin, le 26 octobre, tous les prison- niers restants furent dirigés sur le camp de Soltau.
Placé au milieu des sapinières de Lunebourg, le camp présente un aspect riant. Les installations, fort spacieuses, se composent de 96 baraques en bois, de 150 mètres de long sur 12 mètres de large, couvertes de carton bitumé, pourvues de l'électricité et du chauffage central. Chaque baraque, outre des salles de travail et de bains, comprend six dortoirs, d'un modèle uniforme. Sur le plancher élevé en dos d'âne sont jetés des sacs à paille garnis de fibres végétales qui recèlent habituellement une abondante vermine. Sur la cloison externe, des planches en étagères permettent à chacun de déposer ses vêtements et ses objets de toilette. La discipline est rigoureuse, la nourriture saine et peu abondante, le travail obligatoire. Assis sur des bancs, nous passons les journées à tresser des sacs de paille de nos doigts engourdis par
le froid, car jamais les appareils de chauffage central r.e sont utilisés. Mes mains ankylosées, percluses de rhumatisme, refusent bientôt tout travail et je reste de longues heures oisif, immobile, le regard fixe, songeant à ma femme, à mes enfants, à mon pays que je ne reverrai sans doute jamais.
Le 10 janvier, on sépara les Flamands des Wallons, et le 25 du même mois, ô bonheur! on nous annonça que les Flamands seraient rapatriés. On se figure notre joie, nos cris, nos danses! Et tout à coup, nous nous tûmes, honteux. Autour de nous, nos malheureux compagnons Wallons pleuraient à chaudes larmes. Nous nous efforçâmes de les encourager, de leur assurer une délivrance prochaine, et, en leur présence, nous dissimulâmes autant que possible notre joie. Quelles que fussent les différences sociales et les divergences d'opinions, les souffrances que nous avions supportées ensemble avaient créé entre nous une amitié solide et ce ne fut pas sans un affreux serrement de cur que nous nous séparâmes de nos camarades.
Nous partîmes le 28, à 10 heures du matin, au nombre de 2800, arrivâmes à Schaerbeek le 29 à 9 heures du soir, et fûmes mis en liberté le samedi 30 janvier, à 11 heures du matin.
Aussitôt, je m'élance vers ma demeure. Joyeux, le cur léger, je parcours les rues qui me sont restées si familières. Mais, à mesure que j'approche, ma vue se trouble, mes jambes fléchissent, et, à l'apparition de ma maison, à la vue de sa vitrine garnie, comme à mon départ, de gâteaux appétissants, mon cur fait de tels bonds dans ma poitrine, que je défaille et dois m'appuyer contre le mur. Ma chère femme, mes chers enfants, quelle joie de vous revoir! Hélas! cette joie fut de courte durée! Je ne pouvais oublier la Patrie en péril, je ne pouvais abandonner mes braves camarades qui se couvraient de gloire sur les bords de l'Yser. Malgré les supplications de ma femme, malgré les larmes de mes enfants, quelques jours après, je m'acheminai vers la frontière et rejoignis l'armée.